Investir dans le secteur agropastoral : Les étapes qui vont vous aider

Nous avons élagué la question de l’investissement dans le secteur agropastoral. En gros, investir, c’est créer une entreprise capable d’apporter de la valeur ajoutée. Cela passe par une sérieuse main mise dans les poches et dans des placements stratégiques. Mais tout ceci ne suffit pas de comprendre ce que c’est qu’un investissement dans le secteur…L’erreur vient généralement dans la démarche. Je vous propose quelques étapes que j’ai souvent vues et qui peuvent vous aider à investir plus sagement et pour de meilleurs résultats.

08 étapes : Elles sont assez simples, mais il faut les comprendre, les adopter et les adapter. Elles peuvent servir de véritable garde-fous et de principes catalyseurs.

1 – Déterminer un segment spécifique

Dans le secteur agropastoral, on ne peut être sur tout. Soit que vous soyez dans l’élevage ou dans l’agriculture, vous allez devoir faire des choix. Prenez donc le temps de choisir. Renseignez-vous dans un premier temps par le bouche à oreille. Ensuite, allez sur Internet ou allez visiter des projets similaires. Vous pourriez réaliser que des filons peu exploités sont porteurs. J’ai un ami par exemple qui s’est lancé dans les oeufs de caille, presque par hasard, après avoir suivi une formation en passant. aujourd’hui, il est dans son pays l’un des principaux producteurs dans ce secteur. Je vous parlais du « gnetum » la dernière fois. Je connais également un projet d’apiculture qui fait un mixage avec du café pour produire un miel très peu ordinaire et particulièrement prisé. Renseignez-vous sur les variétés que vous voyez ailleurs…Peut-être pourraient-elles trouver échos chez vous.

Sortez-donc des sentiers battus. Vous verrez non seulement que tous les gouts sont dans la nature, mais qu’il y a vraiment des choses faisables qui sont si peu exploitées.

2 – Renseignez-vous. cherchez dans votre environnement ou dans vos lectures.

Une fois que vous avez découvert un segment potentiel, creusez la réflexion personnelle. Ce que j’ai souvent apprécié chez les rares jeunes que j’ai vu investir dans l’agriculture ou l’élevage, c’est leur culture dans les domaines dans lesquels ils ont investis. Ils avaient énormément lu ou fait des recherches sur Internet.

Une piste excellente pour se renseigner, ce sont nos universités. Vous serez étonnés de voir la quantité de données qui y sont produites sur des choses que vous voyez tous les jours ou sur des choses que vous ne connaissez pas. Surtout en ce qui concerne l’élevage et l’agriculture. Dommage tout cela reste sous les baisers de poussière.  La plupart des pays africains disposent pourtant de centres de recherche agricoles et de facultés agricoles. Mais les Africains n’exploitent pas eux-mêmes les fruits des travaux. Ils laissent le soin à d’autres de le faire. Laissez de côté les appréhensions et les préjugés…vous allez être enrichis par ce que vous allez apprendre.

3- Le préalable des cadres juridiques

Vous avez votre secteur et vos recherches personnelles finalement vous encouragent. Avant de passer à une phase de projet, renseignez-vous également sur les dispositions légales qui entourent le domaine spécifique dans lequel vous voulez investir. Des lois à profusion existent en Afrique qui couvrent l’agriculture et l’élevage. Il y a sur ces secteurs contrairement à ce qu’on peut imaginer beaucoup de garde-fous juridiques découlant soit des conventions internationales, soit des préoccupations nationales. Et de ce que j’ai pu voir en Afrique, les lois dans ces domaines sont parmi les plus accessibles possibles. Allez donc dans l’un des ministères qui s’occupe de l’agriculture, de l’élevage, des pêches, des industries animales, de l’environnement, de l’écosystème, de l’écologie, du développement rural ou ayant n’importe quelle autre appellation qui peut toucher l’élevage et l’agriculture. Vous aurez déjà des pistes. Sinon, renseignez-vous sur les sites spécialisés.

4 – Les études techniques

Une fois que vous êtes confortés dans le fait que juridiquement, votre idée est faisable, vous pouvez passer à la phase de l’analyse technique du projet. Je vous recommande vivement de recruter un consultant et de lui payer ce qu’il faut. Cela ne sert à rien de faire le radin sur un projet qui peut changer votre vie.

Il s’agira en réalité d’une série d’études qui peuvent être faites sur une même mission.

  • Une étude technique qui doit clairement décrire TOUS les process et les moyens nécessaires à leur réalisation.
  • Une étude d’impact socio-environnementale qui doit mettre en lumière les défis sociaux et environnementaux que confrontera le projet et proposer des moyens de les gérer
  • Une étude financière qui doit dégager les couts, la chaine et le rythme des dépenses, la rentabilité, les besoins pour lancer le projet, etc.
  • Une étude de faisabilité qui doit vérifier que les conditions sont possibles pour que le projet se mette en place.

A l’issue des études, rassurez-vous que vous n’avez plus aucune question sur le projet qui soit sans réponse.

5 – Élaboration du business plan

Une fois que les choses sont claires, procédez à la rédaction de votre plan d’affaires. Là aussi, recrutez un spécialiste. Le plan d’affaires obéira à votre démarche de mobilisation de fonds. Mais globalement, il devra dégager le cadre général de mise en œuvre de votre projet, quel que soit la démarche de mobilisation de fonds. Un bon plan d’affaires sera votre document de référence dans la mise en œuvre de votre projet.

6 – Un ingénieur en chef : toujours !

A présent que vous savez concrètement ce que vous voulez faire, recrutez un expert du domaine pour vous aider à conduire ce projet. S’il participe au moins à la phase du business plan, ce ne sera pas mauvais. Mais je vous recommande que ce ne soit pas la même personne qui fasse lui tout seul votre business plan.

Évitez les à peu près. Un ingénieur des eaux et forêts n’est pas forcément compétent pour gérer votre élevage de hérisson ou votre plantation de bananes-plantains. cherchez quelqu’un qui sait y faire, qui a de la science, qui pourra vous trouver des solutions. Croyez moi, cela peut vous être salutaire.

7 – Acquisition de l’espace de travail

Allez y voir maintenant où vous allez travailler avec votre ingénieur en chef. Le nerf de toute activité agropastorale, c’est l’espace, la terre. Si vous avez la possibilité d’en prendre un maximum, n’hésitez pas. Si vous achetez un terrain, prenez la peine qu’il ait un titre foncier. Cela vous évitera beaucoup d’ennuis par la suite. Si vous louez la terre, veillez à ce qu’il y’ait des documents signés. Vous risquez de beaucoup perdre si vous négligez ces questions.

8 – Allez-y, lancez-vous dans la mise en œuvre de votre plan d’affaires

Vous avez votre terrain, votre ingénieur en chef, votre projet et votre argent….Il ne vous reste qu’à rentrer dans la fosse aux lions et en sortir vainqueur. Achat des équipements et du matériel, installations, recrutement du personnel, achat des semences ou des premières bêtes, début du travail….bref, la machine est en marche.

Dans un ou deux ans, n’oubliez pas de venir nous raconter votre expérience.

6 Comments
  • afro-skills.com
    avril 13, 2012

    Excellent article! merci pour la mise en ligne. je prendrai le temps de bien le lire et revenir avec d’éventuelles questions.
    bon weekend déja à toi et à tous les lecteurs.

  • MUKAKI JACQUES
    juillet 4, 2014

    Merci vraiment pour cet article qui nous incite et édifie comment procéder pour créer son entreprise dans le secteur agropastoral.

  • Coumaré
    mai 12, 2015

    Bonjour, je vis en Europe depuis bientôt quinze ans, et depuis quelques années j’envisage de monter un projet dans le domaine agropastoral en Afrique plus précisément au Mali, en ayant pour cheminement un projet du style production, transformation et vente, sous forme de 3 entités indépendantes financièrement,c’est le deuxième article que je lis sur le sujet j’avoue qu’il y a beaucoup d’aspects de la mise en pratique et des erreurs a ne pas commettre que je découvre dans vos articles, je vous en suit très reconnaissant et au fur et a mesure que j’avancerais dans mon projet je n’hésiterais pas a vous le faire savoir et aussi a poser des questions.
    encore une fois merci

  • Goudja Seid
    janvier 24, 2016

    je suis tchadien ,je suis ému par ce dont vous avez écrit. j’ai aimé l’elevage de poules et j’aime autant encore. je voulais m’y investir mais j’ai beaucoup de doute et pas assez de moyen. je suis sûr que cela va m’aidé.

  • Aline makano
    avril 19, 2016

    Merci Paul tes articles sont constructif, ils m ont beaucoup édifier sur comment investir dans l agro-pastoral

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