Un merci fait toujours du bien au travail

Bien des fois, les atmosphères de travail rendent banales les choses qui ne devraient pas l’être. Ainsi par exemple, exprimer la reconnaissance vis-à-vis des collègues est l’une des choses qui se perd si facilement alors que dire « merci » a le pouvoir de renforcer la cohésion, de désamorcer les conflits, de stimuler la performance.

Je reste convaincu que l’absence de reconnaissance a été à la base de beaucoup de démotivation. Lorsque par exemple un collègue passe toute une nuit sur un dossier parce qu’il a le désir que celui-ci soit rendu à temps et que le lendemain, il se fait fusiller par ses collègues sans aucune considération du sacrifice qu’il a fait parce que le dossier a quelques imperfections, il va de soi que cela peut retirer toute envie d’un quelconque sacrifice.

Pourtant bien des fois, nous appelons à un sur-effort, aussi petit qu’il soit. Quand le collègue doit arrêter ce qu’il fait pour vérifier l’état d’un de nos dossiers ; quand il doit mettre dans sa liste des choses à faire un point qui est important pour nous, mais qui ne l’est pas forcément pour nous ; quand il doit ajouter à ses courses la nôtre….il y’a en général toujours et toujours une occasion de dire merci à raison.

Malheureusement nous sommes très souvent happés par la banalisation. « C’est son travail après tout ! ». Inconsciemment, cette remarque s’incruste comme une barrière à toute forme d’expression de reconnaissance. Mais si c’est bel et bien son travail, ce n’est pas forcément sa priorité ; ce n’est pas forcément sa responsabilité ; ce n’est pas forcément qu’il doive le faire à ce moment ; ce n’est pas forcément son problème s’il ne le fait pas à ce moment-là ; ce n’est pas forcément lui qui récolte les foudres si ce n’est pas fait…il y’a donc toujours une raison de dire merci.

Merci est un tout petit mot…probablement le plus petit que nous puissions prononcer en organisation après « oui » et « non ». Il n’y a donc aucune raison d’en faire l’économie.

Parce que dire « merci » permet de faire comprendre au collègue qu’on apprécie ce qu’il a fait et être apprécié est une valeur quand on travaille. Dire merci permet de renforcer le sentiment d’appartenance au groupe parce qu’on réalise qu’on existe de manière positive pour les autres. Dire merci permet au collègue d’avoir envie de donner plus parce qu’il a donné a du sens et de la valeur. Et puis, disons-le, dire merci permet de revenir demander plus tard parce que le collègue apprécie sincèrement le « merci ».

C’est bête non…qu’une chose qui n’a que des avantages soit si peu considérée. Allez Messieurs et Dames, patrons et autres…ce n’est pas l’effort qui va vous tuer…dites merci…un tout petit merci…qu’enfin il soit dit !

 

 

 

7 Comments
  • Ronie
    août 9, 2012

    MERCI à toi pour ce merveilleux article

  • ceriserose
    août 11, 2012

    C’est bien de dire Merci, mais je pense qu’il est mieux de se taire au lieu d’en dire un qui n’est pas sincère

    • Paul Armand
      août 12, 2012

      Bonjour CeriseRose,
      « un merci sincère »…voilà un concept intéressant dans le contexte du travail. Que signifie-t-il ? C’est une question à laquelle il faudra une réponse.
      Parce que lorsqu’un collègue a fait quelque chose qui nous aide à avancer…avons nous besoin d’aller puiser dans nos émotions, nos sentiments, pour un fait qui est objectif.
      Je passe un coup de fil pour toi, et cela allège ta tâche…Même si tu ne m’aimes pas, est ce que le « merci » ne reste tout de même pas quelque chose qui peut se faire sans qu’il soit besoin d’aller puiser dans ses sentiments…
      Je pense que ces questions méritent quelque réflexions.
      Mais ce que je sais, c’est qu’un merci, sincère ou pas…s’il est dit dans un contexte où il a une place, il apporte une dimension positive à la vie de l’organisation…et très peu une dimension négative.
      A bientôt pour tes feedbacks sur cette question.

      • ceriserose
        août 13, 2012

        Je ne sais pas s’il faut aller puiser dans ses émotions et ou sentiments pour dire un merci (reconnaissance). Je pense qu’il ne faut pas se forcer de dire des choses qu’on ne pense pas. A moyen on s’en rend compte et ça perd sa valeur.

        Mais je reste convaincu que c’est un élément qui peut faire la différence dans une équipe. Si on « ne pense pas » c’est mieux de le dire par mail. Ca fait super plaisir.

        • Paul Armand
          août 14, 2012

          Le « Merci par mail »…
          Voilà une lumineuse idée…J’ai essayé et les effets étaient simplement super…mais je n’y avais pas réfléchi comme approche stratégique.
          Merci.

  • Annick Ghislaine
    août 13, 2012

    Une expérience difficile de responsable d’équipe m’a permis effectivement me rendre compte de l’importance du « merci ». Il y a quelques mois j’ai eu à superviser une équipe de 5 personnes qui avaient pour tâche de collecter en milieu rural, des informations que je devais par la suite traiter. Malgré les outils mis à leur disposition et la formation préliminaire, j’ai relevé beaucoup d’insuffisances que j’ai méchamment qualifié de négligences. Ces reproches n’ont fait que créer une tension au sein du groupe car je n’ai pas tenu compte des difficultés majeures auxquelles ils ont été confrontés sur le terrain. J’ai omis de dire ce grand merci qu’ils méritaient sans aucun doute, car ils ont réellement fait des sacrifices et des efforts. Le merci pour les efforts fournis, les félicitations, etc. sont indispensables, avant de relever les insuffisances et restent des éléments forts de motivation au travail. Merci Paul Armand !

    • Paul Armand
      août 14, 2012

      Merci Annick,
      A vrai dire, moi aussi j’ai eu tendance à négliger le merci. Lorsque je travaille avec une équipe supposé être des professionnels, j’attends juste que chacun joue son rôle et dès que c’est fait, je suis à la prochaine étape. Un jour une jeune personne que j’encadrais (et qui est aujourd’hui cadre quelque part à Ouagadougou) est venue me voir. Elle s’indignait de ce que j’étais tombé sur son boulot et m’était lancé à la critique comme si elle n’avait rien fait et elle trouvait ca injuste. C’est quelqu’un que j’admire pour son franc parler. Je lui ai expliqué que j’étais capable de fleurs, mais que là, mon esprit s’était laissé accaparé par les résultats et qu’elle devrait se focaliser sur les résultats et les moyens de les améliorer plutôt que sur les fleurs.
      Recul pris, j’ai du me rendre à l’évidence que souvent ce moment de valorisation de l’autre, de reconnaissance vis à vis des efforts de l’autre était important dans une dynamique d’organisation.
      J’ai personnellement encore beaucoup d’efforts à faire là dessus. Il y’a des moments où c’est bon et d’autres où je m’oublie. Mais le principe est réel. C’est quelque chose d’important.

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