Troncature, la leçon qui nous vient des Maths

C’est en regardant cette vidéo de Raoul, un ami qui tente un projet d’enseignement des Maths par des supports multimédias, que l’idée de cet article m’est venue. Si les sciences dites exactes s’autorisent des marges de manœuvres, pourquoi les vies en organisations ne prendraient elles pas leçon sur elles.

Le principe de la troncature est que certaines opérations dont la perfection des résultats absolue est difficile à traduire à cause de l’infini des chiffres après la virgule peuvent être ramenés à des expressions plus simples en considérant juste quelques chiffres après la virgule. Par exemple, racine de 2 donne un résultat avec des chiffres presqu’à l’infini. De même, le fameux chiffre pi est une donnée avec une infinité de chiffres si on veut les transcrire tous.

La troncature permet d’intégrer une sorte de notion d’acceptabilité dans la transcription de ces chiffres. C’est par exemple une troncature qui permet de dire que pi est égal à 3,14 pour donner un résultat pas parfait, mais totalement correct et acceptable.

La troncature est en quelque sorte un moyen d’avancer là où les données absolues auraient peut-être crée des impossibilités systémiques.

La troncature en tant que moyen de dépasser les stérilités liées aux besoins de l’infini, me semble être une approche que la vie organisationnelle doit pouvoir mettre au centre. Il y a bien de choses qui sont importantes et pour lesquels on peut aller le plus loin possible dans les débats. Une approche de troncature consisterait alors à limiter l’infinité du débat pour quelque chose qui soit correct et acceptable.

Le principe de la troncature appliquée par exemple aux réunions d’équipes signifierait moins de débat sur des questions sur lesquels, seul l’infini peut véritablement avoir le dernier mot.

La troncature appliquée aux documents de travail impliquerait qu’un consensus technique soit validé au lieu de sermons interminables sur la virgule qui manque dans telle ligne et dont quelques uns pourraient croire qu’elle peut remettre en cause tout le reste du travail.

Nous avons tous besoin d’un peu de troncature pour aller de l’avant. Cela ne signifie pas nécessairement moins de rigueur, moins d’exigence…mais c’est surtout plus de lâcher prise et moins de sentiment de toute puissance ou de toute connaissance. La troncature voudrait dire qu’on cède sur certains détails pour faire avancer l’essentiel. La troncature voudrait dire qu’on passe moins de temps après la virgule…et qu’on se dise qu’un seul ou deux chiffres, cela devrait aller….et ensuite on va de l’avant avec.

4 Comments
  • wagarob
    février 25, 2013

    Comme toujours, bien écrit! Et pour introduire cette troncage, il existe dêjà l’idée philosophique dît le Rasoir d’Ockham qui sugère comment on peut eliminer ces élements qui ne prennent pas partis de l’essential.

    • Paul Armand
      février 26, 2013

      Merci Bob. Je vais m’intéresser de près à cette notion de rasoir d’Ockham.

  • Barthélemy
    février 26, 2013

    Bjr PA,
    Et merci pour cette contribution au développement de la pensée et de l’action.
    Barthélemy

    • Paul Armand
      février 26, 2013

      Merci grand Barth pour ta visite et ton commentaire.

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