Quand Amazon.fr et d’autres grandes maisons de vente refusent l’accès au livre

Certains livres sont rares et pas toujours faciles à obtenir. Le numérique était censé être une solution pour faciliter leur accès et l’universaliser. Ce n’est pas ce que semble penser Amazon.fr et certaines autres grandes maisons de vente de livres électronique. Elles demandent de résider dans des pays bien précis ciblés à l’avance…sinon d’aller se faire voir…Et l’Afrique francophone en priorité est dans cet aller se faire voir ailleurs.

« Les livres numériques proposés sur ce site sont autorisés à la vente uniquement auprès des titulaires de cartes bancaires de pays figurant dans les listes présentées dans ce tableau par continent. En fonction des données territoriales définies par les éditeurs, certains titres sont cependant susceptibles de ne pas être autorisés à la vente dans certains de ces pays. »

C’est ce que commence par préciser Numilog, pourtant l’une des plus riches librairies francophones en ouvrages scientifiques. Darty.fr reprend le même texte tout comme d’autres d’ailleurs (Gilbert Jeune, Bookcast, etc.) et au final, le constat est le même. Une véritable barrière qui empêche toute une partie du monde francophone d’avoir accès à la connaissance.

Le fait est ahurissant quand on sait qu’un livre électronique…est un livre électronique. C’est-à-dire qu’on l’achète sur Internet et il ne nécessite pas d’être envoyé physiquement. Donc tout le monde qui peut télécharger devrait pouvoir en avoir accès. Pourquoi le rendre exclusif à certaines régions du monde, en majorité occidentales et exclure ainsi pour des raisons qui me semblent inutiles des millions de personnes de l’accès au savoir. Et en plus, il ne s’agit même pas de problèmes techniques liés à la sécurisation des paiements…puisque des cartes visas…délivrées parfois par des banques européennes installées en Afrique…sont considérées comme de la monnaie de singe dans un tel contexte.

Le droit territorial des éditeurs…voilà la raison. Une manière bien gentille et lamentablement juridique de faire une sélection de qui doit avoir accès à la connaissance ou pas…de qui est assez bien pour mériter que lui soit vendu un livre ou pas. En plus un droit qui ne devrait s’appliquer que sur certains ouvrages…un vrai prétexte pour mettre de côté des millions de personnes.

Amazon m’a même carrément demandé d’apporter la preuve que je résidais en France avant d’accepter mon achat de de certains ouvrages….Ibook (de l’appelstore) n’en a pas besoin…dès l’inscription, selon l’endroit où l’on vient…on a droit ou non aux outils du savoir et de la connaissance.

J’écris ce billet avec colère et en même temps, je me dis que c’est complètement dommage qu’à l’heure où le numérique offre des opportunités incroyables d’accès à l’information et à la connaissance, on puisse encore utiliser de tels droits pour encourager et se rassurer que la fracture des savoirs est définitivement en place. C’est vraiment dommage que des pratiques d’un autre temps soient des obstacles à l’évolution de tous.

J’en profite pour féliciter ces petites maisons de vente en ligne qui se battent comme elles peuvent avec les titres qu’elles réussissent à rassembler au fur et à mesure pour que tout le monde puisse avoir accès au livre. Je voudrais recommander ces librairies qui ont eu l’idée simplement juste et saine de donner l’accès aux livres à tous sans avoir besoin de démontrer la logique d’une quelconque exclusion. Decitre, Chapitre, Didactibook, Immateriel, pour ne citer que celles que j’utilise en ce moment en espérant en découvrir d’autres sous peu. J’en profite aussi pour rendre hommage à ces projets orientés vers la facilitation de l’accès aux livres numériques pour tous principalement le projet Gutenberg. Pour le reste, j’ai presqu’envie de dire qu’il vaut mieux être anglophile pour espérer un meilleur service.

Je continue de ne pas en revenir de telles politiques ouvertes d’exclusion.

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