L’extensible lendemain

Les belles idees inondent le monde. Il suffit souvent de discuter avec toutes ces personnes merveilleuses qui nous entourent pour realiser que les idees ne sont pas la manne la moins disponible. Depuis quelques temps par exemple, je suis membre de plusieurs groupes whatsapps et le foisonnement d’idees est des plus importants. Mais je ne vais pas juste m’arreter a ce post a la question des idees vue sous l’angle des projets, mais plus globalement a la question des commencements.  Tout ce qui existe de par le monde, part d’un commencement.

C’est justement ici que le bas blesse. Je vois de plus en plus de personnes se lancer dans leur idee…mais la principale difficulte est que chaque nouvelle idee, chaque nouveau projet, nous introduit dans une serie de pas..dans une serie d’etapes…qu’il est necessaire de commencer…sans quoi l’idee, meme si elle a commence a etre mise en oeuvre, est condamnee a la mort.

Prenons une illustration simple que les blogueurs par exemple comprendront facilement. Le premier commencement dans la vie d’un blog est de lancer le blog lui meme. Aller sur un site specialise comme WordPress.com, blogspot ou n’importe quel qutre, ouvrir un compte et mettre enfin en place sa plate forme. Beaucoup qui ont une idee de blogs ne font pas ce premier pas…Mais pour ceux aui le font, les choses ne s’arretent pas la. Je connais plusieurs personnes qui ont eu un projet de blog, se sont inscris sur une plate forme…et n’ont plus jamais rien fait d’autre…Il faut en effet pouvoir ecrire son premier article…Et le publier..Certains ont garde ce premier article en tete des jours, voire des mois et d’autres ont pris une annee avant de le publier.

Mais les chose ne font que commencer…il faudra ecrire autant que possible et un moment, viendra la longue absence ou on se dira tous les jours, on reprend le lendemain…La encore…il faudra oser reprendre, au risque que ce lendemain ne s’eternise…Ce lendemain eternel a fini par tuer l’essentiel des blogs et les blogueurs qui continuenz savent desormais que dans la plupart des cas, quand une idee d’article arrive…il faut se lever et commencer a l’ecrire pour eviter l’extensible lendemain.

Cela vaut pour toutes les choses. Il faut commencer quand arrive le moment de faire le prochain pas. Il faut lever le pied et l’envoyer en avant.

Certains projets sont ainsi morts de ce lendemain extensible. Je me souviens de ce chef d’entreprise qui avait lance sa petite unite agroindustrielle. Un jour, il a pris conscience qu’il avait une seule machine pour produire et qu’il lui fallait une machine en reserve. Il en avait discute avec moi. Une fois, j’ai note que son niveau de revenus etait tel qu’il pouvait se l’offrir et je le lui ai rappelle..il m’a dis « plus tard » et est passe a autre chose…puis un jour la machine a lache…il a bien essaye d’en acheter une autre en urgence…mais de problemes en problemes…l’absence de cette machine au bon moment a ete le debut de la fin…Parce que c’est toujours comme cela…quand il n’y a pas de commencements, la fin s’installe.

Je me souviens aussi de cette jeune entrepreuneuse qui creait des accessoires de mode et voulait les vendre sur Internet. Elle a cree un beau site internet. Il fallait des images…et elle n’a pas pas eu le temps de commencer…Le beau site internet existe toujours dans l’espace d’un hebergeur qui ne l’a pas encore supprime…mais il est hors ligne depuis des annees…et le beau projet de vente en ligne, on n’en parle plus.

Il y’aura toujours une belle raison pour justifier la fin…Mais la raison la plus evidente est que la fin necessite souvent moins d’efforts et de travail que les commencements. Et c’est cela le bonheur de l’extensible lendemain.

L’extensible lendemain permet de garder les reves sans jamais leur donner de l’espace…il permet de beaux discours en evitant la discretion du travail et de l’effort, il berce la paresse et la chouchoute sous les douces fleurs de milles excuses…Apres tout, on ne meurt pas de n’avoir pas fais une chose…

1 Comment
  • Grace Bailhache
    avril 28, 2017

    Très intéressante approche poétique de la procrastination couplée à un manque de vision. Dommage en effet de s’imaginer que l’on puisse abstraction de travail et surtout de persévérance, de confondre vitesse et précipitation.

    La chute de l’article est excellente, je la reprendrais en te citant dans le texte :

    « Après tout, on ne meurt pas de n’avoir pas fais une chose… »

    Pas la mort, mais les regrets et l’aigreur oui, c’est ce que je peux lire sur les visages de ceux qui n’osent pas, abandonnent et voient d’autres faire exactement la même chose et y arriver… Sic !

    Grace

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