Je suis une femme aux idées larges

Après avoir prolongé mon absence pendant un moment, zappant du coup mon amie Grace, je m’étais dit que j’allais tout faire pour publier quelque chose, ce 31 juillet, journée internationale de la femme africaine. Les idées s’entrelaçaient dans ma tête jusqu’à ce que je tombe ce matin sur ce texte ou j’étais tagué. Il est de Oumou Compaore, Miss Etalon 2016 au Burkina Faso.

« Je suis une femme aux idées larges. J’espère l’être. Aux idées sans limites… Construire. Détruire. Reconstruire. Imaginer. Oser. Se lancer. Effacer. Reconnaître. J’aime ces verbes. Ils font partie de ma philosophie de base. J’étais une brillante élève en mathématiques. Et le hasard a voulu que je m’éloigne de ces sciences. Je suis diplômée en gestion commerciale… Mais hélas j’exerce le mannequinat, une activité que l’on croit assignée aux sottes personnes dans ma communauté, ce qui n’en est réellement pas le cas ! Dormez bien ». Oum.C

Oumou est un mannequin au Burkina Faso. L’une des meilleures de sa génération avec quelques autres. C’est une magnifique jeune dame que j’ai eu l’occasion de rencontrer lors de mes folies photographiques et avec qui j’ai eu le bonheur spécial de travailler. En discutant avec elle, mon avis sur le rôle et le destin de la femme africaine n’a fait que se renforcer. La jeune femme africaine est si éloignée des stéréotypes que continuent de véhiculer des médias qui ne veulent pas s’adapter à la réalité.

Que nous décrit-on de la jeune femme africaine : Une femme sans éducation, sans droits, sans ambition, sans destin. Tous les jours, les peintures de l’excision, des seins repassés, des viols, des mariages forces, les accouchements en série, voilà les peintures mises en exposition…

Mais voilà, ce texte de Oumou assène l’autre réalité. La réalité majoritaire. La réalité qu’à force de stéréotypes, on ne regarde même plus : « Moi, je suis une femme aux idées larges ». Pourtant Oumou n’est pas le cliché de l’élite comme on veut le faire croire quand on parle de la jeune africaine lambda. Si elle a étudié, a des rêves, et suit son chemin…c’est qu’elle fait partie de l’élite privilégiée…Oumou  est une jeune femme passionnée qui a simplement décidé de sortir des stéréotypes. Ceux que sa propre culture renferme, mais aussi les clichés qui la relèguent à autre chose qu’une jeune femme aux idées larges. Ce que représente Oumou, ce n’est pas ce qu’on nous renvoie comme image de nous-même alors que c’est ce que dans nos rues d’Afrique, on rencontre de plus en plus. C’est toujours la femme clichée qui est mise en exergue…cliché des lourdeurs traditionnelles, mais aussi cliché de la délectation médiatique…C’est si jouissif la jeune africaine non instruite, sale, se battant sans espoir dans la rue. Dans la réalité, Oumou est une star. Elle est reine de beauté. Mais elle est intelligente, avec une tête bien faite. Comme beaucoup que les clichés nous empêchent d’avoir te ne nous présentent que comme des exceptions.

La jeune femme africaine, il faut la découvrir. Elle n’est pas dans les traditions vétustes qui ne s’accommodent pas du monde…mais elle n’est surtout pas dans la peinture médiatique qui en fait une éternelle victime, une jeune femme moins que celles qui viennent d’ailleurs et qui serait sans lourdeurs culturelles…

La jeune femme africaine est une femme aux idées larges, aux idées sans limites. Qui construit, détruit, reconstruit et imagine.

Elle n’a certes pas la vie facile parce qu’aucune vie sous nos cieux n’est facile…mais elle continue de chercher…allez donc dans nos lycées et universités et découvrez la…allez dans nos rues et prenez soudain conscience qu’elle les quitte progressivement pour d’autres espaces qu’elle a réussi elle-même a construire…Ah non… la jeune femme africaine n’est pas l’exception…elle est la règle. Oui, la jeune femme africaine, c’est Oumou…la star, la reine de beauté, prête à manger du lion malgré les difficultés.

Encore une fois. A ceux qui se délectent des clichés d’antan et ceux qui travaillent à rendre ces cliches réels…Oumou parle…la jeune femme africaine parle : « Oser. Se lancer. Effacer. Reconnaître. J’aime ces verbes. Ils font partie de ma philosophie de base. »

Je crois à quelque chose qui est en marche. Et je crois que cela est définitivement en marche.

Bonne journée internationale de la femme africaine.

2 Comments
  • Salif
    août 3, 2017

    Message profond en tout cas sur l’autonomisation de la femme africaine, et bien au delà de sa jeunesse dont la capacité d’oser déterminera le futur que vous voulons pour nous et nos enfants

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