Pour que le contrôle reste sien

Mon thème sur le contrôle et le rôle de la femme me vient ‘une lecture récente. Je viens de terminer mon premier livre de Leonora Miano. Depuis le temps que je voulais la lire après sa belle incartade sur France 2, rien à redire. Elle en vaut un million de fois la peine. Je suis donc parti, comme avec Alain Mabanckou dont je suis entrain de lire toutes les productions, pour lire tout ce que je pourrais d’elle.

Le livre que je viens de terminer s’appelle La Saison de l’Ombre. Je ne vais pas rentrer dans l’histoire du livre qui n’est pas l’objet de ce poste, mais sur une scène.

Un guerrier ambitieux et plutôt fier est capturé et doit être présenté à une princesse, membre d’un clan plutôt redoutable. Au moment de l’amener, la garde se ravis : il faut maculer le gars de boue. Afin d’éviter le risque que la princesse ne perde le contrôle.

Je dois dire qu’au fur et a mesure de mes lectures sur les périodes pre-esclavages ou pre-coloniales en Afrique, je suis de plus en plus surpris de voir le rôle de la femme. Notamment celui qu’elle joue dans la construction de la société africaine. Et cela me conforte dans une hypothèse que je porte depuis quelques années. Une des erreurs fatales de l’Afrique contemporaine est d’avoir déplacé ce rôle. En effet, je découvre chaque jour combien ce que nous appelons civilisation africaine porte dans ses fondations l’engagement de la femme. engagement politique, voir militaire de femmes leaders puissantes.

Les noms commencent a se faire connaître même si les histoires restent encore peu connues. Mais beaucoup de nos sociétés et de nos cultures traditionnelles ont été fondées par des femmes visionnaires qui ont su entraîner les peuples.

Pour revenir à mon histoire, on voit dans ce livre une reine et une princesse qui sont le prototype de ces femmes. Et La question du contrôle dans la scène que j’ai décrite plus loin est clairement illustrée.

Pour dire à mon avis beaucoup de choses que nos générations oublient.

Aujourd’hui, la femme s’organisent en fonction de ce qu’une société malade lui impose comme ordre quand c’est cette société qui devrait s’organiser autour d’elle pour avoir un espoir d’avenir.

Dans le cas d livre, on parle de contrôle dans une situation de contact physique. Il ne faut donc pas que physiquement ou pour être plus explicite, sexuellement ou même émotionnellement, la princesse ne perde le contrôle…ou plutôt, il faut toujours qu’elle l’ait.

Parce que dans ces traditions fondatrices, c’est la femme qui a le contrôle sur elle. Elle décide de qui l’intéresse et la société finit par s’organiser autour de ça. Ce n’est pas la société qui décide de ses émotions et surtout de sa sensualité, de sa sexualisation. C’est elle qui est en situation de contrôle et la société est organisée pour qu’elle puisse toujours avoir ce contrôle.

Cela est tellement différent de la situation actuelle ou la femme suit les règles imposées et en devient l’objet. Elle s’organise en fonction de ce qu’une société malade lui impose comme ordre. Alors même que c’est cette société qui devrait s’organiser autour d’elle.

Nécessaire retour aux sources

Je pense que nous avons beaucoup perdu dans ce change inutile. Un masochisme aveugle auquel répond un féminisme tout aussi aveugle…alors que l’histoire nous montre la voie.

Je voudrais inviter cette génération à s’intéresser a son histoire. Et on comprendra que le succès du Rwanda repose bel et bien sur une prise en compte de la réalité sociale. Le retour en force au premier plan de la femme sur la scène politique est une étape que l’on ne peut pas négocier si l’on veut véritablement aller à une Afrique prospère. Cela passe par une re-considération des cliches actuels et à mon avis, par une revisitation de l’histoire.

A vos livres, musées, villages, contes et autres. La femme qui garde le contrôle et autour de laquelle la société s’organise y est cachée. Et il faut vivement la retrouver pour retrouver les airs de bravoure d’antan et les épopées prospères que le continent connaît désormais doucement.

Je termine cet article en recommandant l’excellent boulot de Reine et Héroïnes d’Afrique qui peut apporter quelques unes des histoires que je recommande. Je recommande également l’Histoire d’Aime que j’ai publie jadis sur ce blog.

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