Tolérance déviante : Le oui inapproprié

Parlons donc de tolérance. J’ai encore cette scène en mémoire, quelque part sur Dakar. Un conducteur de taxi me demande si je peux lui faire la faveur qu’il prenne un second client juste pour quelques mètres dans le même taxi que moi alors que le taxi sur Dakar est individuel comme dans certains autres pays en Afrique. 

Je refuse évidemment, mais des pensées me montent a l’esprit sur la tolérance habituelle que nous faisons a ce genre de petites demandes. Pas seulement celles d’une possible insécurité, mais surtout des conséquences dévastatrices d’un tel oui inapproprié dans d’autres pays.

Au Cameroun par exemple, c’est en demandant par petit bout ce genre de faveur que les chauffeurs de taxi ont fait de la surcharge des passagers une norme. Au début, ils disaient, « s’il vous plait, pouvez vous accepter de vous faire surcharger quelques minutes afin d’aider ce client ».

Finalement, cela est devenu la norme et la vraie responsabilité n’est pas a aller chercher loin. Elle est simplement chez ceux qui ont dit « oui » et dont le « oui » a suffi pour construire le nid de la démesure et de l’intolérable.

C’est donc cette tolérance malheureuse qui est a la base de bien de vices chez nous.

Le oui qui tolère la glissade

Le oui inapproprié vient souvent de ce que l’on ne prend pas le temps de mesurer les conséquences de l’anormalité.

On ne réalise pas que tolérer le retard le transforme en norme.

Est ce que finalement tolérer la familiarité n’instaure pas une atmosphère faite d’irrespect. On ne réalise pas que tolérer les dérapages verbaux, les abus de langage, les petits gestes déplacés, installe progressivement un système d’abus et de violation.

A force de ferme les yeux, les petites anomalies deviennent la règle et que la tolérance devient déviante.

Combien de jeunes professionnels ne se trouvent-ils pas finalement pris au jeu d’un « oui » qu’ils n’auraient jamais du dire et qui a finalement laisse place a des dérapages incontrôlés.

Combien de jeunes femmes, a ne pas dire « non » a ces blagues déplacées, finissent par se retrouver a subir tous les jours les mots mal empruntes de collègues vraiment ignares.

Dire non a l’anormal est un impératif. C’est un impératif d’abord individuel. Nous ne sommes pas obliges de subir.

Quelquefois, je me demande pourquoi certains acceptent de se serrer a 6, voire taxi dans un taxi sur Yaoundé, alors qu’il leur suffit d’attendre quelques minutes de plus. Oui, la plupart des tolérances déviantes sont inutiles.

De la tolérance inutile a la norme

La bonne nouvelle est que même si on s’est fait prendre au jeu de la tolérance déviante, on peut s’en débarrasser. Il est possible de regarder au delà du gain immédiat qui plonge ensuite dans le désarroi et le désordre pour avoir un regard plus sérieux pour soi. Dites vous simplement :

Je vaux mieux que cela.

En attendant, je vous laisse avec l’histoire d’Aimée, un modèle de rejet de cette inutile tolérance.

Je vous laisse aussi avec cette approche pratique sur l’éthique et la déontologie pour orienter ceux qui veulent garder leur approche professionnelle dans un canevas de normalité.

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