Photographie en Afrique : un monde en évolution

Photographie en Afrique

Je les ai découvertes sur Internet cette année. Des photos simples, puissantes et pleines d’émotions. Elles reflétaient la beauté, mais aussi un quelque chose de confiant, une pincée de présent et d’avenir. Le concept est simple. Sublimer l’Afrique au travers de l’image. La photographie en Afrique aujourd’hui puise dans l’idéologique, l’artistique et la technique. Je vous partage leur démarche.

Quand on parle photo en Afrique, on connait surtout les anciens. Mama Casset (Sénégal), dont les négatifs ont été malheureusement détruits. Je pense aussi a Cornelius Yao Augustt Azaglo, (Côte-d’Ivoire), Seydou Keïta (Mali), Malik Sidibé (Mali) ou encore Oumar Ly (Sénégal). Dans la photo contemporaine africaine, les stars de la presse occidentale règnent en maitre. On les connait malheureusement surtout avec des images d’enfants au ventre osseux près des charognards prêts à les dévorer.

Bref, la belle photographie en Afrique de ces dernières années semble être l’apanage de très bons photographes occidentaux. Et pour plusieurs, ils excellent surtout a montrer la misère et le mal être. Évidemment sous des clichés dignes des meilleurs prix, mais pleins de dénigrement sur l’Afrique. C’est vendeur en Occident et on comprend vite leur choix.

La photographie en Afrique : l’heure d’une nouvelle generation

Pourtant, il existe une génération de jeunes photographes au talent incroyable. Qui font vivre une autre Afrique. Cette photographie faite de ce que nous voyons tous les jours et que nous n’arrivons même plus à voir. Bien souvent a cause de l’influence de tellement de situations négatives internes et externes. Il existe une génération de photographes qui font vibrer. Et ceci grace au regard complètement différent qu’ils portent sur les personnes, sur la vie, sur le monde d’aujourd’hui et sur l’avenir de l’Afrique.

Connaissez-vous Abdoulaye Ndao, le jeune magicien sénégalais ? Chacune de ses photos est une véritable démonstration de force et de maitrise technique. Une composition unique qui a fait de lui à l’âge de 25 ans, le photographe de la photo officielle du président Macky Sall. Dans sa boite LayePro Photo, tout est lumière et vie. Sa page Facebook vaut largement le détour alors que l’artiste à Dakar est complètement accessible.

Au Cameroun, William Nsai ne vous dit peut-être pas quelque chose…Découvrez son travail et vous serez sublimé par le caractère hautement unique de ses photos. On y retrouve les visages d’Afrique sous une autre heure…entre présent et avenir…entre magie et réalité. Paul Armand, le photographe par passion (je parle de moi:-). Il s’est fait une bonne réputation au Burkina Faso dans le monde de la Fashion avec une photographie basée sur une philosophie simple : « L’image est une clé pour changer la perception des choses et des personnes ».

Jeune génération et nouvelle démarche artistique

La liste est longue et on pourrait y passer la journée, mais des constances se dégagent :

Ces photographes sont pour la plupart jeunes. Ils ne se retrouvent pas dans l’image d’eux qui est projeté par les médias et les magazines d’ailleurs d’une part. D’autre part, ils ne se retrouvent pas non plus dans la médiocrité du secteur de la photo entretenue par quelques personnes surtout préoccupés par gagner leur pain. Enfin, ils ont une veritable passion pour l’excellence sous toutes ses formes.

Qu’ils soient sénégalais, ghanéens, nigérians, camerounais ou autre…aucune de leur photo ne laisse sans émotion, sans effet. On y retrouve de la vie, de la beauté, de l’envie. A telle enseigne que même des hautes personnalités de nos pays habitués à faire appel à l’expertise non africaine pour gérer leurs images officielles ont commencé à s’appuyer sur leurs travaux.

Ils sont animés par une démarche qui mélange l’art et la philosophie. Même crédo : trouver dans l’Afrique sa beauté et la révéler ; leurs photos donnent à réfléchir sur nous-mêmes, sur ce que nous ne savons pas de nous, sur ce que nous pouvons vraiment faire, sur ce que nous ne voyons plus.

Le fait est que la pratique de la photographie en Afrique évolue grâce à des jeunes. Plusieurs sont souvent peu connus, mais progressivement, ils occupent l’espace en fournissant une approche de la photo fondée sur la foi aux couleurs, lumières et tons de l’Afrique….fondée finalement sur l’Afrique et ses beautés connues…et surtout inconnues.

*La photo en illustration est une réalisation d’Abdoulaye Ndao qui nous a chaleureusement accordé sa permission pour l’utiliser en illustration de cet article.

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Paul Armand

Paul Armand

Comments

3 commentaires

  • De la technique, de l’émotion…du talent !

    Cela me fait penser qu’il y a quelques années quand je suis passé au numérique, une association en France a envoyé mon argentique en Afrique; peut-être a-t-il servi à initier un de ces talentueux photographes ? ! (dont tu fais partie) 😉

    Répondre
    • J’espère bien et je pense que quelqu’un part, un autre génie de la photographie est né grâce à cela.
      Mais dans le fond, la jeune génération de photographes que je mentionne dans mon article et beaucoup d’autre qui ne sont pas mentionnés, sont des self made men qui ont appris bien souvent par eux-mêmes sur le tas avec l’aide d’un conseil passager, mais bien souvent précieux d’une connaissance, parfois elle-même autodicdate.
      Il y’a donc une initiation dans le sens originel du terme, mais souvent sans formation. Et les écoles de formation en photographie, ce n’est pas ce qui pillule. J’espère que l’avenir verra ce genre d’espace de formation formelle se multiplier pour donner plus de force à ces formations fondées sur les passions individuelles et donc donner aux nouveaux photographes des sensibilités plus fortes sur une grande partie du corpus technique qui constitue la photographie.
      J’aimerais beaucoup pouvoir voir tes photos.
      Salutations

      Répondre
  • J’espère aussi que mon appareil a été utile. Créer une école de photo en Afrique a été un rêve pour moi mais la vie en a décidé autrement.

    La photo (et l’écrit) a été mon métier a deux époques de ma vie : une première expérience en tant que correspondant de presse en province au journal Ouest-France -j’étais juste passionné et j’ai appris “sur le tas”- et une seconde, en free-lance des années plus tard, après avoir suivi et obtenu un CAP de Photographie.

    Franchement, mon diplôme ne m’a jamais servi ! J’avais un prof qui disait : “apprenez la technique et oubliez-la !” Bien sûr, il en faut mais c’est d’abord l’œil, le regard qui perçoit ce qui est invisible à la plupart des gens et qui fait qu’une photo est intéressante ou pas.

    Mes photos -les bonnes- sont argentiques et la plupart sont encore en négatif.

    Depuis le numérique, je ne suis plus qu’un amateur qui fait de la photo en dilettante. J’ai un blog où j’en ai mis quelques-unes. Elles n’ont pas grand intérêt; parfois, elles ont même été faite avec mon smartphone… Cependant, elles n’ont subi aucune retouche.
    Le blog est un peu à l’abandon…
    http://amazingearthbychriss.wordpress.com/

    Cordialement.

    Répondre

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